samedi 18 août 2012

"The night circus"




Le cirque arrive sans prévenir. Aucune annonce ne le précède, aucune publicité en ville ou dans les journaux. Ses tentes rayées noires et blanches apparaissent simplement là où la veille, il n'y avait rien. Au-dessus de l'entrée, une pancarte indique qu'il ouvre au crépuscule et ferme à l'aube... 

Bienvenue dans le monde enchanteur où deux magiciens se livrent un duel dont eux-mêmes ignorent les règles. Celia, la fille naturelle du grand Prospero, est l'illusionniste du Cirque des Rêves. A l'aide de ses dons innés, elle influence les attractions de l'intérieur. Marco, le fils adoptif du mystérieux Mr A.H___ toujours vêtu de gris, assiste le propriétaire du cirque depuis l'extérieur; ses enchantements reposent sur son érudition et passent par des formules soigneusement rédigées. Représentants de deux écoles diamétralement opposées, leurs pères les ont élevés dans le seul but de faire triompher leur propre vision de la magie. Peu importe ce qu'il en coûtera aux jeunes gens, aux artistes qui les entourent, ou aux amoureux du cirque qui se sont baptisés les Rêveurs et se reconnaissent entre eux grâce à leur écharpe rouge...

"The night circus" est ce genre de livre qu'on adore ou qu'on déteste. Ses détracteurs avanceront que les personnages secondaires sont plus intéressants que les héros; que le duel promis, loin d'une compétition acharnée et explosive, s'étire sur seize ans et finit plutôt par prendre la forme d'une collaboration; que l'histoire d'amour ultra-prévisible entre Celia et Marco repose sur trop peu de choses pour être crédible; que l'intrigue avance avec une affreuse lenteur, et que l'atmosphère semble plus importante que l'histoire. Ils auront tout à fait raison. 

Mais l'atmosphère, justement, est de celles qui vous happent et vous font basculer dans une dimension parallèle jusqu'au mot "fin". Le cirque, dont les attractions sont décrites par un observateur émerveillé, forme une bulle fantasmagorique et ensorcelante, un univers noir et blanc où ne s'applique aucune des règles du monde extérieur. Et malgré sa lenteur, la narration est très bien menée, selon deux lignes chronologiques qui s'entremêlent et finissent par se rejoindre pour un dénouement des plus satisfaisants. Les chapitres courts, rédigés au présent, sont entrecoupés d'apostrophes au lecteur/spectateur qui contribuent à tisser une toile enchanteresse autour de lui. J'ai apprécié que l'auteur montre aussi ce qui se passe au dehors, la façon dont le cirque perturbe la vie de tous ceux qui furent impliqués dans sa création sans bien en comprendre la portée. Vous l'aurez compris: je fais partie des Rêveurs qui ont adoré "The Night Circus" malgré ses failles.

Ce roman sera disponible en français à partir du mois d'octobre. 

Sur la photo, les sandales Lola Ramone dénichées à -70% chez Look 50, hier à l'occasion du début de leur braderie. Oui, je commence à assortir mes chaussures à mes lectures. Et alors? Je ne suis pas folle, vous savez. 

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