dimanche 1 janvier 2017

"Toute la lumière que nous ne pouvons voir" (Anthony Doerr)


Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, Marie-Laure Leblanc, une jeune aveugle, fuit Paris occupé avec son père. Serrurier de génie, celui-ci s'est vu confier par le musée où il travaille la garde d'un diamant mythique, l'Océan de Flammes, afin de le soustraire aux Nazis. Tous deux se réfugient à Saint-Malo, chez le grand-oncle Etienne à moitié fou qui n'a plus mis les pieds dehors depuis 20 ans mais dont la maison recèle maints trésors.

En Allemagne, Walter Pfennig, orphelin ayant grandi dans un foyer avec sa soeur cadette, n'a trouvé qu'un seul moyen d'échapper à la mine de charbon où son père a déjà perdu la vie: profitant de son don exceptionnel pour tout ce qui touche aux transmissions radio, il a intégré une école d'élite du Reich. Il a à peine seize ans lorsqu'on l'envoie au front pour démanteler des réseaux de résistants. Le destin lui fera croiser la route de Marie-Laure pendant le siège de Saint-Malo, alors que la ville bombardée est la proie des flammes...

La Deuxième Guerre Mondiale n'est pas une période historique que j'affectionne - je la trouve même carrément flippante. Et je venais juste de terminer un autre roman, par ailleurs excellent, dont l'action se déroulait à Amsterdam en 1943. Mais je me suis retrouvée en vacances loin de ma PAL et sans aucun intérêt pour le seul livre que j'avais emporté avec moi. J'ai donc dû en acheter un autre en catastrophe, et n'ai pas trouvé grand-chose qui me tentait dans les rayons du Cultura où j'avais atterri. "Toute la lumière que nous ne pouvons voir" avait reçu d'excellentes critiques et un prix Pulitzer. Je l'ai acheté sans grand enthousiasme. Et au final, il aura été mon dernier gros coup de coeur lecture de l'année 2016. 

Avec des chapitres très courts, Anthony Doerr alterne entre les trajectoires de Marie-Laure et de Werner, ce qui lui permet de donner du rythme à un récit dans lequel il se passe au fond assez peu de choses. Il a également l'habileté de brouiller sa chronologie, racontant d'abord le début du siège de Saint-Malo puis reprenant son récit dix ans plus tôt afin de révéler progressivement le chemin qui va réunir ses deux protagonistes, et faisant des aller-retour entre passé et "présent" pour ménager son suspense. Au-delà de cette structure parfaitement maîtrisée, il a une écriture magnifique (très bien rendue par la traduction de Valérie Malfoy) qui lui permet de narrer les situations les plus désespérantes ou les plus cruelles en y mêlant toujours une dose de poésie, voire de merveilleux. Le résultat, c'est un roman envoûtant, plein de sensibilité et d'humanité, qui joue sur toute la gamme des émotions du lecteur au cours de ses 700 pages. A lire, vraiment. 

1 commentaire:

  1. Je l'ai lu il y a peu (enfin, écouté en audiolib pendant mes trajets en voiture) et ça a été un de mes coups de coeur 2016 aussi. J'ai trouvé l'écriture fluide et poétique, les personnages extrêmement attachants, j'ai souvent été très émue...

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